Lubrification

Le but de cet exercice est de comprendre l’intérêt de la lubrification. On considère un mobile parallélépipédique de masse 𝑀=30 kg en translation sur un support horizontal.

Figure 1: Mobile en frottement solide avec son support.

Dans un premier temps, on étudie le contact sec entre le mobile et la surface. La force de frottement est de type frottement solide. Elle obéit à la loi de Coulomb : 𝑅𝑇=𝑓𝑅𝑁 avec un coefficient 𝑓=0,20. En 𝑥=0, 𝑣=𝑣0=10 km h−1.

1/ Calculer la valeur numérique de la réaction tangentielle.

Coup de pouce 1
Calculer la composante normale de la réaction puis utiliser la loi de Coulomb.
Coup de pouce 2
Projeter le théorème de la résultante cinétique sur l’axe vertical pour relier la réaction normale au poids.
Corrigé

La projection du théorème de la résultante cinétique sur 𝑒⃗𝑦 donne 𝑅𝑁−𝑀𝑔=0, soit 𝑅𝑁=𝑀𝑔. On en déduit

𝑅𝑇=𝑓𝑅𝑁=𝑓𝑀𝑔=5,9⋅101 N

2/ Calculer la distance d’arrêt du mobile et faire l’application numérique.

Coup de pouce 1
Résoudre la projection sur l’axe horizontal du théorème de la résultante cinétique.
Coup de pouce 2
Quel est le temps d’arrêt, c’est-à-dire le temps auquel la vitesse est nulle ?
Coup de pouce 3
La distance d’arrêt correspond à la position du solide au temps d’arrêt.
Corrigé

La projection du théorème de la résultante cinétique selon 𝑒⃗𝑥 donne

𝑀d𝑣d𝑡=−𝑅𝑇=−𝑓𝑀𝑔

La vitesse s’écrit donc

𝑣(𝑡)=𝑣0−𝑓𝑔𝑡

soit 𝑡=𝑣0−𝑣𝑓𝑔. Le temps d’arrêt est le temps auquel la vitesse est nulle, c’est donc

𝑡arrêt=𝑣0𝑓𝑔

La distance parcourue est

𝑥(𝑡)=𝑣0𝑡−12𝑓𝑔𝑡2

La distance d’arrêt est donc

𝑑arrêt=𝑥(𝑡arrêt)=𝑣0𝑣0𝑓𝑔−12𝑓𝑔(𝑣0𝑓𝑔)2=𝑣022𝑓𝑔=2,0 m
Figure 2: Mobile sur une couche de fluide.

On introduit maintenant une couche d’huile d’épaisseur 𝑒=1,0 mm entre le mobile et la surface. On suppose que le régime est permanent (un opérateur maintient la vitesse du mobile constante) et que la vitesse du fluide s’écrit 𝑣⃗=𝑣(𝑥,𝑦)𝑒⃗𝑥. On néglige les effets de bord. La surface du mobile en contact avec l’huile est 𝑆=400 cm2. Le mobile a une vitesse 𝑣𝑚=𝑣0=10 km h−1.

La densité de l’huile est 0,9 et sa viscosité cinématique est 60⋅10−6 m2 s−1.

3/ Calculer la viscosité dynamique de l’huile.

Corrigé
La masse volumique de l’huile est 𝜇=0,9𝜇eau La viscosité dynamique de l’huile est 𝜂=𝜇𝜈=5⋅10−2 Pa ⁠s.

4/ Montrer que 𝑣(𝑥,𝑦) est indépendant de 𝑥.

Coup de pouce 1
Utiliser un argument d’invariance.
Coup de pouce 2
Que signifie l’expression de l’énoncé “on néglige les effets de bord” ?
Corrigé
On néglige les effets de bord, c’est-à-dire qu’on suppose la situation invariante par translation selon 𝑥. Ainsi, 𝑣(𝑥,𝑦)=𝑣(𝑦).

5/ On admet que la vitesse s’écrit 𝑣(𝑦)=𝑎𝑦+𝑏. Déterminer 𝑎 et 𝑏 en exploitant la description du problème.

Coup de pouce 1
Utiliser la condition d’adhérence en 𝑦=0 et 𝑦=𝑒.
Corrigé

La condition d’adhérence en 𝑦=0 impose 𝑣(0)=0 donc 𝑏=0. La condition d’adhérence en 𝑦=𝑒 impose 𝑣(𝑒)=𝑣𝑚 donc 𝑎=𝑣𝑚𝑒. On en déduit

𝑣(𝑦)=𝑣𝑚𝑒𝑦

6/ Donner l’expression de la force surfacique de cisaillement au sein de l’huile.

Corrigé

La force surfacique de cisaillement est donnée par

𝛿2𝐹d𝑆=𝜂d𝑣d𝑦=𝜂𝑣𝑚𝑒

7/ Exprimer la force de frottement à laquelle est soumis le mobile.

Coup de pouce 1
La force exercée sur le mobile est l’opposé de la force exercée par le mobile sur la couche supérieure de fluide.
Corrigé

La force de frottement est

𝐹𝑇=−𝛿2𝐹d𝑆𝑆=−𝜂𝑣𝑚𝑒𝑆=−6,0 N

8/ On admet qu’en l’absence d’action de l’opérateur pour maintenir la vitesse constante, l’expression de la vitesse établie précédemment reste valable, mais avec 𝑎 fonction du temps. Que devient la distance d’arrêt du mobile ?

Coup de pouce 1
Résoudre la projection sur l’axe horizontal du théorème de la résultante cinétique.
Coup de pouce 2
La distance d’arrêt peut être définie comme la valeur maximale atteinte par la position.
Corrigé

La projection du théorème de la résultante cinétique selon 𝑒⃗𝑥 donne

𝑀d𝑣𝑚d𝑡=𝐹𝑇=−𝜂𝑣𝑚𝑒𝑆

soit

d𝑣𝑚d𝑡+𝜂𝑆𝑀𝑒𝑣𝑚=0

La vitesse s’écrit donc

𝑣𝑚(𝑡)=𝑣0exp(−𝜂𝑆𝑀𝑒𝑡)

La distance parcourue est obtenue en primitivant la vitesse :

𝑥(𝑡)=𝑀𝑒𝜂𝑆𝑣0(1−exp(−𝜂𝑆𝑀𝑒𝑡))

La distance d’arrêt est donc

𝑑arrêt=lim𝑡→∞𝑥(𝑡)=𝑀𝑒𝜂𝑆𝑣0=4⋅101 m