Phénomènes de transport 2
Transfert thermique par conduction

Résumé du cours

1. Formulation infinitésimale des principes de la thermodynamique

1.1. La différentielle mathématique

Point clé 1 – Différentielle d’une fonction d’une variable ♥︎

Hypothèse : 𝑓 est une fonction de 𝑥 dérivable

d𝑓=d𝑓d𝑥d𝑥
Application 1 ✍
Déterminer la différentielle de la fonction sin.
Point clé 2 – Différentielle d’une fonction de deux variables ♥︎

Hypothèse : 𝑓 est une fonction de 𝑥 et de 𝑦 dérivable par rapport à 𝑥 et à 𝑦

d𝑓=𝜕𝑓𝜕𝑥d𝑥+𝜕𝑓𝜕𝑦d𝑦
Application 2 ✍
Déterminer la différentielle de (𝑥,𝑦)↦𝑥𝑦.

La formule de la différentielle d’une fonction de deux variables peut être généralisée pour un nombre quelconque de variables.

Une quantité 𝐴d𝑥+𝐵d𝑦 est une forme différentielle. On note les formes différentielles avec un 𝛿 : 𝛿𝑓=𝐴d𝑥+𝐵d𝑦. Une quantité 𝐴d𝑥+𝐵d𝑦 est une différentielle ssi il existe 𝑓 telle que d𝑓=𝐴d𝑥+𝐵d𝑦.

Application 3 ✍

Les formes différentielles suivantes sont-elles des différentielles ?

𝛿𝑓=𝑥d𝑥+𝑦d𝑦𝛿𝑔=𝑦d𝑥+𝑥d𝑦

L’intégrale d’une différentielle ne dépend pas du chemin suivi : ∫(𝑃𝑄)d𝑓=𝑓(𝑄)−𝑓(𝑃).

L’intégrale d’une forme différentielle ∫(𝑃𝑄)𝛿𝑓 dépend du chemin suivi.

Exemple 1

On note 𝑊=∫𝛿𝑊 : le travail dépend a priori du chemin suivi.

On note 𝑊=−∫d𝐸𝑝 car pour une force conservative, le travail est indépendant du chemin suivi.

En physique, les grandeurs notées d𝑓 représentent des variations infinitésimales.

Exemple 2
Entre 𝑡 et 𝑡+d𝑡, la température augmente de d𝑇.

En physique, les grandeurs notées 𝛿𝑓 représentent des quantités infinitésimales.

Exemple 3
Entre 𝑡 et 𝑡+d𝑡, une chaleur 𝛿𝑄 rentre dans le système.

Exception : pour les variables d’intégration, cette règle est enfreinte. On note d𝑥, d𝑦, d𝑧 des dimensions, d𝑆 une surface, d𝑉 un volume, d𝑡 une durée alors que ce ne sont pas des variations.

1.2. Premier principe

Point clé 3 – Formulation infinitésimale du premier principe de la thermodynamique ♥︎

Hypothèses :

  • Le système est fermé.
  • La transformation est infinitésimale
d𝐸=𝛿𝑊+𝛿𝑄
avec d𝐸 =d𝐸𝑐+d𝑈 la variation d’énergie totale (J) ; d𝐸𝑐 la variation d’énergie mécanique macroscopique (J) ; d𝑈 la variation d’énergie interne (J) ; 𝛿𝑊 le travail reçu (J) ; 𝛿𝑄 la chaleur reçue (J).

La variation d’énergie d𝐸 est une petite variation et s’écrit bien avec un d. La chaleur 𝛿𝑄 et le travail 𝛿𝑊 sont des petites quantités et s’écrivent bien avec un 𝛿.

1.3. Second principe

Point clé 4 – Formulation infinitésimale du second principe de la thermodynamique ♥︎

Hypothèses :

  • Le système est fermé.
  • La transformation est infinitésimale
d𝒮︀=𝛿𝒮︀𝑒+𝛿𝒮︀𝑐
avec 𝒮︀ l’entropie (J K−1) ; 𝛿𝒮︀𝑒 =𝛿𝑄𝑇ext l’entropie échangée (J K−1) ; 𝛿𝒮︀𝑐 >0 l’entropie créée (J K−1) ; 𝛿𝑄 la chaleur reçue (J) ; 𝑇ext la température extérieure (K).

La variation d’entropie d𝒮︀ est une petite variation et s’écrit bien avec un 𝑑. La chaleur 𝛿𝑄, l’entropie échangée 𝛿𝒮︀𝑒 et l’entropie créée 𝛿𝒮︀𝑐 sont des petites quantités et s’écrivent bien avec un 𝛿.

1.4. Équilibre thermodynamique local

1.4.1. Les 3 échelles
Échelle microscopique (∼0⋅10−10 m)

C’est l’échelle des molécules du système. Ces molécules sont animées d’un mouvement erratique. Les grandeurs thermodynamiques n’ont pas de sens pour une molécule.

Échelle macroscopique (∼0⋅10−2 m)

C’est l’échelle des systèmes étudiés dans leur ensemble.
Si le système est à l’équilibre thermodynamique, on peut définir ses grandeurs thermodynamiques (température, pression, …) et les étudier comme vu en première année.
Lorsqu’il y a des transferts thermiques à l’intérieur d’un système, ce système n’est pas à l’équilibre thermodynamique. Certaines des grandeurs thermodynamiques de ce système (température, pression, …) ne sont donc pas définies.

Échelle mésoscopique (≫0⋅10−10 m et ≪0⋅10−2 m)

L’échelle mésoscopique est une échelle intermédiaire entre l’échelle microscopique et l’échelle macroscopique.
Comme l’échelle mésoscopique est très grande devant l’échelle microscopique, les fluctuations dues à l’agitation des molécules sont faibles.
Comme l’échelle mésoscopique est très petite devant l’échelle macroscopique, les grandeurs y sont uniformes (ce sont les mêmes en un point ou un autre du système mésoscopique).

L’échelle mésoscopique sert

Les grandeurs extensives associées à un système mésoscopique sont notées avec un 𝛿 car ce sont des quantités infinitésimales : 𝛿𝑈, 𝛿𝑉, …

1.4.2. Équilibre thermodynamique local

Si un système macroscopique peut être découpé en systèmes mésoscopiques qui sont tous à l’équilibre thermodynamique, on dit qu’il y a équilibre thermodynamique local. À l’équilibre thermodynamique local, les grandeurs thermodynamiques sont définies pour les systèmes mésoscopiques.

À l’équilibre thermodynamique local, les grandeurs thermodynamiques sont des champs1. Par exemple, la température au point 𝑀 𝑇(𝑀) est définie comme la température d’un système mésoscopique centré sur le point 𝑀. Cette température existe car à l’équilibre thermodynamique local, tous les systèmes mésoscopiques sont à l’équilibre thermodynamique. De plus, cette température ne dépend pas du choix, arbitraire, du système mésoscopique.

Ces champs n’ont un sens que pour les grandeurs intensives : pour une grandeur extensive, ils dépendraient du choix, arbitraire, du volume mésoscopique. On transforme donc les grandeurs extensives en grandeurs intensives en divisant soit par la masse soit par le volume.

grandeur extensivegrandeur massiquegrandeur volumique
énergie interne 𝑈 (J)énergie interne massique 𝑢 (J kg−1)énergie interne volumique 𝑢𝑉 (J m−3)
masse 𝑚 (kg)masse volumique 𝜇 (kg m−3)
entropie 𝑆 (J K−1)entropie massique 𝑠 (J K−1 ⁠kg−1)entropie volumique 𝑠𝑉 (J K−1 ⁠m−3)

2. Transport de chaleur

2.1. Les 3 modes de transport de chaleur

La chaleur peut se transporter d’un système à un autre de 3 façons :

Par diffusion (= par conduction)
L’énergie se transmet de proche en proche. Le milieu est macroscopiquement immobile.
Exemple 4
La queue d’un ustensile de cuisine devient chaude.
Par conducto-convection (= par convection)

Un fluide est en mouvement. En se déplaçant, le fluide transporte de l’énergie avec lui.
Le fluide peut se mettre en mouvement spontanément si certaines zones sont plus chaudes que d’autres. Ça s’appelle la convection naturelle.

Exemple 5
L’eau qui chauffe dans la casserole, les courants marins.

Le fluide peut être mis en mouvement par autre chose. Ça s’appelle la convection forcée.

Exemple 6
L’air du sèche-cheveux.
Par rayonnement

Tous les matériaux émettent un rayonnement électromagnétique. La fréquence et l’intensité du rayonnement électromagnétique dépendent de la température du matériau. Le rayonnement électromagnétique transporte de l’énergie. Le rayonnement électromagnétique peut se propager dans le vide ou dans les milieux transparents. Le rayonnement électromagnétique peut être absorbé par un matériau, il lui apporte alors de la chaleur.

Exemple 7
La chaleur du Soleil, les plaques vitro-céramiques.

2.2. Le vecteur densité de courant thermique

Le vecteur densité de courant thermique 𝑗⃗𝑄 est la chaleur transitant par unité de surface et de temps.

Point clé 5 – Chaleur traversant une surface infinitésimale ♥︎
𝛿𝑄=𝑗⃗𝑄⋅d𝑆⃗d𝑡
avec 𝑗⃗𝑄 le vecteur densité de courant thermique (J m−2 ⁠s−1) ; d𝑆 la surface élémentaire (m2) ; 𝛿𝑄 la chaleur reçue (J).
Point clé 6 – Puissance traversant une surface infinitésimale ♥︎✍
𝛿Φ=𝑗⃗𝑄⋅d𝑆⃗
avec 𝑗⃗𝑄 le vecteur densité de courant thermique (J m−2 ⁠s−1) ; d𝑆 la surface élémentaire (m2) ; 𝛿Φ la puissance traversant une surface élémentaire (W).

La puissance (aussi appelée flux thermique2) qui traverse une surface finie est l’intégrale du flux sur une surface infinitésimale.

Point clé 7 – Puissance traversant une surface finie ♥︎
Φ=∬𝑆𝛿Φ
avec Φ la puissance traversant une surface (W) ; 𝛿Φ la puissance traversant une surface élémentaire (W).
Application 4 ✍
Déterminer le flux thermique du vecteur densité de courant 𝑗⃗𝑄=ℎ(𝑇−𝑇ext)𝑒⃗𝑟 sur un cylindre de rayon 𝑅, de longueur 𝐿 centré sur l’axe (𝑂,𝑒⃗𝑥) du repère.

2.3. Loi de Fourier

La loi de Fourier est une loi phénoménologique3. La loi de Fourier relie le vecteur densité de courant de chaleur 𝑗⃗𝑄 et la température 𝑇 dans le cas du transfert thermique par conduction.

Point clé 8 – Loi de Fourier ♥︎

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le transport de chaleur se fait par conduction.
𝑗⃗𝑄=−𝜆grad⃗𝑇
avec 𝑗⃗𝑄 le vecteur densité de courant thermique (J m−2 ⁠s−1) ; 𝜆 la conductivité thermique (W m−1 ⁠K−1) ; 𝑇 la température (K).

La conductivité thermique 𝜆 permet de mesurer la facilité avec laquelle un matériau transporte la chaleur.

Point clé 9 – Ordres de grandeur de la conductivité thermique ♥︎
𝜆air∼0⋅10−2 J s−1 ⁠m−1 ⁠K−1𝜆eau∼0⋅10−1 J s−1 ⁠m−1 ⁠K−1𝜆béton∼0⋅100 J s−1 ⁠m−1 ⁠K−1𝜆acier∼0⋅101 J s−1 ⁠m−1 ⁠K−1
avec 𝜆 la conductivité thermique (W m−1 ⁠K−1).

Le signe « − » dans la loi de Fourier traduit le sens de déplacement de la chaleur : toujours du chaud vers le froid.

Application 5 ✍

Déterminer le vecteur densité de courant thermique pour le champ de température

𝑇(𝑥,𝑦,𝑧)=𝑥𝑦𝑧𝑇0𝑙

3. Équation de la diffusion thermique

3.1. Bilan d’énergie

Le premier principe de la thermodynamique traduit la conservation de l’énergie, c’est-à-dire que l’énergie ne peut pas être créée ou détruite, elle ne peut que se transformer d’une forme à l’autre.

Exemple 8
Quand un vélo freine, son énergie mécanique se transforme en énergie thermique.

Quand une grandeur se conserve, on peut en faire le bilan.

Faire le bilan d’une grandeur dans un système veut dire compter combien de cette grandeur rentre dans ce système et combien y est créée. On ne s’intéresse qu’au flux rentrant car un flux sortant est un flux entrant de sens opposé.

En faisant un bilan sur un volume infinitésimal entre 𝑡 et 𝑡+𝑑𝑡, on aboutit à l’équation locale de conservation de l’énergie.

Point clé 10 – Équation locale de conservation de l’énergie ♥︎✍

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
𝜇𝜕𝑢𝜕𝑡=−div 𝑗⃗𝑄+𝒫︀𝑉
avec 𝑢 l’énergie interne massique (J kg−1) ; 𝑗⃗𝑄 le vecteur densité de courant thermique (J m−2 ⁠s−1) ; 𝒫︀𝑉 la puissance volumique convertie en chaleur (W m−3).

3.2. Équation de la diffusion thermique

Lorsqu’on remplace le vecteur densité de courant thermique 𝑗⃗𝑄 grâce à la loi de Fourier dans l’équation locale de conservation de l’énergie, on aboutit à l’équation de la diffusion thermique.

Point clé 11 – Équation de la diffusion thermique ♥︎✍

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
  • La capacité thermique massique à volume constant 𝑐𝑉 est constante.
𝜕𝑇𝜕𝑡−𝐷thΔ𝑇=𝒫︀𝑉𝜇𝑐𝑉
avec 𝑇 la température (K) ; 𝐷th =𝜆𝜇𝑐𝑉 la diffusivité thermique (m2 s−1) ; 𝒫︀𝑉 la puissance volumique convertie en chaleur (W m−3) ; 𝜇 la masse volumique (kg m−3) ; 𝑐𝑉 la capacité thermique massique à volume constant (J kg−1 ⁠K−1) ; 𝜆 la conductivité thermique (W m−1 ⁠K−1).

Le coefficient 𝐷th est appelé diffusivité thermique ou coefficient de diffusion thermique.

3.3. Analyse en ordres de grandeurs

Point clé 12 – Approximation d’une dérivée par le taux d’accroissement ♥︎
𝜕𝑓𝜕𝑥∼𝐹𝑙
avec 𝑓 une fonction de 𝑥 quelconque ; 𝐹 un ordre de grandeur des variations de 𝑓 ; 𝑙 un ordre de grandeur de la distance (m).

Si on analyse en ordres de grandeurs l’équation de diffusion thermique, on peut trouver la durée que met une variation de température à parcourir une certaine distance.

Point clé 13 – Durée caractéristique de propagation d’une variation de température ✍

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
  • La capacité thermique massique à volume constant 𝑐𝑉 est constante.
  • Il n’y a pas de terme source.
𝜏=𝑙2𝐷th
avec 𝜏 le temps caractéristique de diffusion thermique (s) ; 𝑙 un ordre de grandeur de la distance (m) ; 𝐷th =𝜆𝜇𝑐𝑉 la diffusivité thermique (m2 s−1).

Comme la durée caractéristique dépend de 𝑙2, l’onde de température ralentit en se propageant : elle met 4 fois plus de temps pour parcourir une distance 2 fois plus grande.

Application 6 ✍
Si je plonge une cuillère de 20⁠ ⁠cm en acier (𝜇=8⋅103 kg m−3, 𝑐𝑉=4⋅102 J K−1 ⁠kg−1) dans une casserole d’eau bouillante, quel est l’ordre de grandeur de la durée au bout de laquelle la queue de la cuillère devient chaude ?

3.4. Irréversibilité

La vidéo du lien ci-dessous illustre l’irréversibilité de différents phénomènes.

https://youtu.be/i6rVHr6OwjI

Si, quand on remplace 𝑡 par −𝑡 dans l’équation on obtient une équation différente, l’équation est irréversible.

Si une vidéo d’un phénomène irréversible est passée à l’envers, on s’en rend compte.

Application 7 ✍
L’équation de diffusion thermique sans terme source est-elle irréversible ?
Application 8 ✍
L’équation de D’Alembert 𝜕2𝑓𝜕𝑥2−1𝑐2𝜕2𝑓𝜕𝑡2=0 est-elle irréversible ?

L’équation de la diffusion thermique est irréversible.

3.5. Conditions aux limites

Le flux thermique est toujours continu.

Point clé 14 – Continuité du flux thermique ♥︎✍
Φ(𝑥+)=Φ(𝑥−)
avec Φ la puissance traversant une surface (W).

Lorsque la température est continue à une interface, on dit qu’il y a contact thermique parfait.

4. ARQS et résistance thermique

4.1. Approximation du régime quasi-stationnaire (ARQS)

Dans l’ARQS, les grandeurs ne varient pas très vite avec le temps. Dans l’ARQS, on peut négliger les dérivées partielles par rapport au temps (𝜕𝜕𝑡). Dans l’ARQS, la durée que met une variation de température à parcourir le système est très courte devant la durée caractéristique de variation de la température.

Point clé 15 – Condition de l’ARQS ♥︎✍
𝑙2≪𝐷th𝒯︀
avec 𝑙 un ordre de grandeur de la distance (m) ; 𝐷th =𝜆𝜇𝑐𝑉 la diffusivité thermique (m2 s−1) ; 𝒯︀ la durée caractéristique de variation de la température (s).

4.2. Conservation du flux de 𝑗⃗𝑄

Point clé 16 – Équation locale de conservation de l’énergie en régime stationnaire ✍

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
  • En l’absence de terme source4.
  • Dans l’ARQS.
div 𝑗⃗𝑄=0
avec 𝑗⃗𝑄 le vecteur densité de courant thermique (J m−2 ⁠s−1).

En régime stationnaire, le flux de chaleur est conservatif.

4.3. Résistance thermique

Dans l’ARQS, la différence de température entre les extrémités d’un système est proportionnelle au flux thermique. Le facteur de proportionnalité s’appelle la résistance thermique.

Schéma 1 – Convention récepteur pour une résistance thermique
Point clé 17 – Résistance thermique d’un cylindre ♥︎✍

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
  • En l’absence de terme source.
  • Dans l’ARQS.
𝑇1−𝑇2=𝑅thΦ

avec

𝑅th=𝐿𝑆𝜆
avec 𝑇 la température (K) ; 𝑅th la résistance thermique (K W−1) ; Φ la puissance traversant une surface (W) ; 𝜆 la conductivité thermique (W m−1 ⁠K−1) ; 𝐿 la longueur du cylindre (m) ; 𝑆 la section du cylindre (m2).

4.4. Association de résistances thermiques

Si deux résistances thermiques sont en série, elles sont traversées par le même flux thermique.

Schéma 2 – Résistances thermiques en série
Exemple 9
Double vitrage, isolation d’un mur, …
Point clé 18 – Association en série de résistances thermiques ♥︎

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
  • En l’absence de terme source.
  • Dans l’ARQS.
  • Le problème est unidimensionnel, les grandeurs dépendent de la seule coordonnée 𝑥.
𝑅th, éq=𝑅th, 1+𝑅th, 2
avec 𝑅th la résistance thermique (K W−1).
Application 9 ✍
Déterminer la résistance thermique équivalente d’un double vitrage. Chaque vitre a une épaisseur 1⁠ ⁠cm, de même que l’air entre les deux. La surface de la fenêtre est 1⁠ ⁠m2. 𝜆verre=1 W m−1 ⁠K−1.

Si deux résistances thermiques sont en parallèle, elles sont soumises à la même différence de température.

Schéma 3 – Résistances thermiques en parallèle
Exemple 10
Fenêtre dans un mur, …
Point clé 19 – Association en parallèle de deux résistances thermiques ♥︎

Hypothèses :

  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local.
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile.
  • En l’absence de terme source.
  • Dans l’ARQS.
1𝑅th, éq=1𝑅th, 1+1𝑅th, 2
avec 𝑅th la résistance thermique (K W−1).
Application 10 ✍
Déterminer la résistance thermique équivalente d’une gigoteuse de surface 0,5⁠ ⁠m2 et de 2⁠ ⁠tog5 et d’un bonnet de surface 400⁠ ⁠cm2 et de 1⁠ ⁠tog.

4.5. Circuit RC thermique

Le circuit RC thermique correspond à une capacité thermique en contact avec un thermostat à travers une résistance thermique.

Exemple 11
Le circuit RC thermique peut modéliser le refroidissement du contenu d’une tasse ou le réchauffement d’un petit pois dans une casserole d’eau.
Point clé 20 – Évolution de la température dans un circuit RC thermique ✍

Hypothèses :

  • En l’absence de terme source
  • Dans l’ARQS
  • Le système est à l’équilibre thermodynamique local
  • Le système est incompressible et macroscopiquement immobile
  • La température est uniforme dans le système
  • La capacité thermique à volume constant 𝐶𝑉 est constante.
𝑇(𝑡)=(𝑇0−𝑇ext)exp(−𝑡𝑅th𝐶𝑉)+𝑇ext
avec 𝑇 la température (K) ; 𝑇0 la température initiale du système (K) ; 𝑇ext la température extérieure (K) ; 𝑅th la résistance thermique (K W−1) ; 𝐶𝑉 la capacité thermique à volume constant (J K−1).

4.6. Analogie avec l’électrocinétique

On peut faire une analogie entre l’électrocinétique et la thermique.

ThermiqueÉlectrocinétique
FluxΦ=∬𝑆𝑗⃗𝑄⋅d𝑆⃗ (W)𝐼=∬𝑆𝑗⃗é𝑙𝑒𝑐⋅d𝑆⃗ (A)
Vecteur densité de courant𝑗⃗𝑄=−𝜆grad⃗𝑇 (W m−2)𝑗⃗é𝑙𝑒𝑐=−𝛾grad⃗𝑉 (A m−2)
Conservationdiv 𝑗⃗𝑄=0div 𝑗⃗é𝑙𝑒𝑐=0
Résistance𝑅th=𝐿𝜆𝑆 (K W−1)𝑅=𝐿𝛾𝑆 (Ω)
Loi d’Ohm𝑇1−𝑇2=𝑅thΦ (K)𝑉1−𝑉2=𝑅𝐼 (V)
Capacité𝐶𝑉 (J K−1)𝐶 (F)
Équation différentielle pour un RC𝑅th𝐶𝑉d𝑇d𝑡+𝑇=𝑇ext𝑅𝐶d𝑢d𝑡+𝑢=𝐸
  1. 1Un champ est une fonction définie sur tous les points de l’espace.
  2. 2En physique, les intégrales doubles sur des surfaces s’appellent des flux.
  3. 3Phénoménologique veut dire qui vient de l’expérience.
  4. 4Sans terme source veut dire 𝒫︀𝑉=0.
  5. 5Le tog est une unité inverse de la résistance thermique surfacique. Un tog correspond à 0,1⁠ ⁠m2 ⁠K W−1.