Température de flamme du sulfure de plomb

On s’intéresse ici à la réaction de grillage du sulfure de plomb PbS(s). Il s’agit de la réaction de combustion de PbS(s) (réaction avec O2(g)) qui fournit PbO(s) et SO2(g). La réaction est supposée totale.

1/ Remplir les deux cases vides du tableau de données.

Coup de pouce 1
À quelle condition l’enthalpie standard de formation est-elle nulle ?
Corrigé
Le dioxygène gazeux et le diazote gazeux sont des corps simples dans leur état standard, leur enthalpie de formation est donc nulle.

2/ Écrire l’équation-bilan de cette réaction avec un coefficient stœchiométrique algébrique égal à −1 pour PbS(s).

Corrigé

L’équation-bilan de la réaction est :

PbS(s)+3/2O2(g)→PbO(s)+SO2(g)

3/ Calculer l’enthalpie standard de réaction Δ𝑟𝐻∘ à 298⁠ ⁠K pour la réaction écrite à la question précédente.

Coup de pouce 1
Utiliser la loi de Hess.
Corrigé

La loi de Hess s’écrit

Δ𝑟𝐻∘=∑𝜈𝑖Δ𝑓𝐻∘(X𝑖)=−Δ𝑓𝐻∘(PbS(s))−32Δ𝑓𝐻∘(O2(g))+Δ𝑓𝐻∘(PbO(s))+Δ𝑓𝐻∘(SO2(g))=−4,14⋅102 kJ mol−1

4/ On part d’un mélange PbS(s) / O2(g) dans les proportions stœchiométriques, à la température initiale 𝑇𝑖=298 K. La réaction est menée de façon isobare adiabatique et les capacités thermiques sont supposées indépendantes de la température, calculer la température de flamme (température finale atteinte).

Coup de pouce 1
On imagine une transformation constituée d’une transformation chimique isotherme suivie d’une élévation de température sans transformation chimique dont les états initiaux et finaux sont les mêmes que la transformation étudiée.
Coup de pouce 2
Que peut-on dire de la chaleur échangée lors de la transformation étudiée ? En déduire la variation d’enthalpie.
Coup de pouce 3
Concernant la réaction chimique isotherme : relier la variation d’enthalpie à l’avancement.
Coup de pouce 4
Concernant l’élévation de température sans réaction chimique : écrire la seconde loi de Joule.
Coup de pouce 5
Relier les variations d’enthalpie sur les trois transformations.
Corrigé

On note 𝑛 la quantité initiale de PbS(s). Les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques, donc la quantité initiale de O2(g) est 32𝑛. La réaction est totale donc les réactifs sont tous les deux entièrement consommés.

On considère le cycle suivant

La transformation entre l’état initial et l’état final est adiabatique, donc Δ𝐻1∘=0.

La transformation entre l’état initial et l’état intermédiaire est une transformation chimique isotherme, donc Δ𝐻2∘=𝜉𝑓Δ𝑟𝐻∘=𝑛Δ𝑟𝐻∘

La transformation entre l’état intermédiaire et l’état final est une élévation de température sans transformation chimique. La seconde loi de Joule donne alors

Δ𝐻3∘=∫𝑇𝑖𝑇𝑓(𝑛𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑛𝑐𝑃,𝑚(SO2(g)))d𝑇=𝑛(𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑐𝑃,𝑚(SO2(g)))(𝑇𝑓−𝑇𝑖)

𝐻 est une fonction d’état, on a donc −Δ𝐻1∘+Δ𝐻2∘+Δ𝐻3∘=0, soit

𝑛Δ𝑟𝐻∘+𝑛(𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑐𝑃,𝑚(SO2(g)))(𝑇𝑓−𝑇𝑖)=0𝑇𝑓=𝑇𝑖−Δ𝑟𝐻∘𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑐𝑃,𝑚(SO2(g))=5,77⋅103 K

5/ Reprendre le calcul de la question précédente en supposant que le mélange initial est constitué d’air (80⁠ ⁠% de diazote et 20⁠ ⁠% de dioxygène). La quantité d’air ajoutée est juste suffisante pour provoquer la disparition de la totalité de PbS(s).

Coup de pouce 1
Dans l’air, combien y a-t-il de fois plus de diazote que de dioxygène ?
Coup de pouce 2
Par rapport à la question précédente, quelles sont les grandeurs qui seront différentes ?
Corrigé

On note 𝑛 la quantité initiale de PbS(s). Les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques, donc la quantité initiale de O2(g) est 32𝑛. Dans l’air, il y a 4 fois plus de diazote que de dioxygène, donc la quantité initiale de N2(g) est 6𝑛.

La réaction est totale donc les réactifs sont tous les deux entièrement consommés. Le diazote est une espèce spectatrice, sa quantité ne change pas au cours de la réaction.

On considère le cycle suivant

La transformation entre l’état initial et l’état final est adiabatique, donc Δ𝐻1∘=0.

La transformation entre l’état initial et l’état intermédiaire est une transformation chimique isotherme, donc Δ𝐻2∘=𝜉𝑓Δ𝑟𝐻∘=𝑛Δ𝑟𝐻∘

La transformation entre l’état intermédiaire et l’état final est une élévation de température sans transformation chimique. La seconde loi de Joule donne alors

Δ𝐻3∘=∫𝑇𝑖𝑇𝑓(𝑛𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑛𝑐𝑃,𝑚(SO2(g))+6𝑛𝑐𝑃,𝑚(N2(g)))d𝑇=𝑛(𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑐𝑃,𝑚(SO2(g))+6𝑐𝑃,𝑚(N2(g)))(𝑇𝑓−𝑇𝑖)

𝐻 est une fonction d’état, on a donc −Δ𝐻1∘+Δ𝐻2∘+Δ𝐻3∘=0, soit

𝑛Δ𝑟𝐻∘+𝑛(𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑐𝑃,𝑚(SO2(g))+6𝑐𝑃,𝑚(N2(g)))(𝑇𝑓−𝑇𝑖)=0𝑇𝑓=𝑇𝑖−Δ𝑟𝐻∘𝑐𝑃,𝑚(PbO(s))+𝑐𝑃,𝑚(SO2(g))+6𝑐𝑃,𝑚(N2(g))=1,95⋅103 K

Données

EspècePbS(s)O2(g)N2(g)PbO(s)SO2(g)
𝐶𝑃,𝑚∘ (J K−1 ⁠mol−1)49,529,429,145,829,9
Δ𝑓𝐻∘ (kJ mol−1)−100,4……−217,9−296,9