Angle de Brewster ★★

On étudie une OPPH électromagnétique polarisée rectilignement qui arrive sur une interface entre deux milieux d’indices de réfraction 𝑛1 et 𝑛2. Cette onde incidente donne naissance à une OPPH réfléchie et une OPPH transmise.

À l’interface, les composantes du champ électrique et du champ magnétique tangentes à l’interface sont continues.

On note 𝐸𝑖, 𝐸𝑟 et 𝐸𝑡 les amplitudes complexes des champs électriques de l’onde incidente, réfléchie et transmise respectivement.

On suppose que les ondes incidente, réfléchie et transmise ont la même pulsation. On fait également l’hypothèse que les ondes sont polarisées dans le plan d’incidence.

1/ Montrer que les amplitudes complexes vérifient

{cos(𝜃𝑖)𝐸𝑖−cos(𝜃𝑟)𝐸𝑟=cos(𝜃𝑡)𝐸𝑡𝑛1𝐸𝑖+𝑛1𝐸𝑟=𝑛2𝐸𝑡
Corrigé

La relation de structure donne

{𝐵⃗𝑖=𝑛1𝑐𝐸𝑖𝑒⃗𝑧𝐵⃗𝑟=𝑛1𝑐𝐸𝑟𝑒⃗𝑧𝐵⃗𝑡=𝑛2𝑐𝐸𝑡𝑒⃗𝑧

Les relations de continuité donnent

{𝐸⃗𝑖⋅𝑒⃗𝑥+𝐸⃗𝑟⋅𝑒⃗𝑥=𝐸⃗𝑡⋅𝑒⃗𝑥𝐵⃗𝑖⋅𝑒⃗𝑧+𝐵⃗𝑟⋅𝑒⃗𝑧=𝐵⃗𝑡⋅𝑒⃗𝑧

Or 𝐸⃗𝑟 est orienté vers le haut à gauche sur la figure : sa composante suivant 𝑒⃗𝑥 vaut −cos(𝜃𝑟)𝐸𝑟. Il vient

{cos(𝜃𝑖)𝐸𝑖−cos(𝜃𝑟)𝐸𝑟=cos(𝜃𝑡)𝐸𝑡𝑛1𝐸𝑖+𝑛1𝐸𝑟=𝑛2𝐸𝑡

2/ En déduire l’expression de l’amplitude complexe des ondes réfléchie et transmise en fonction de l’amplitude complexe de l’onde incidente, des indices de réfraction et des angles d’incidence, de réflexion et de transmission.

Corrigé

En résolvant le système d’équations, on trouve

{𝐸𝑟=𝑛2cos(𝜃𝑖)−𝑛1cos(𝜃𝑡)𝑛2cos(𝜃𝑟)+𝑛1cos(𝜃𝑡)𝐸𝑖𝐸𝑡=𝑛1cos(𝜃𝑖)+𝑛1cos(𝜃𝑟)𝑛2cos(𝜃𝑟)+𝑛1cos(𝜃𝑡)𝐸𝑖

Dans la suite, on s’intéresse à l’angle d’incidence pour lequel l’onde réfléchie est d’amplitude nulle. Cet angle est appelé angle de Brewster.

3/ Montrer qu’à l’angle de Brewster, on a

{cos2(𝜃𝑡)=(𝑛2𝑛1)2cos2(𝜃𝑖)sin2(𝜃𝑡)=(𝑛1𝑛2)2sin2(𝜃𝑖)
Corrigé

À l’angle de Brewster, on a 𝐸𝑟=0, soit

𝑛2cos(𝜃𝑖)−𝑛1cos(𝜃𝑡)=0

d’où

cos(𝜃𝑡)=(𝑛2𝑛1)cos(𝜃𝑖)

L’autre relation s’obtient en utilisant la relation de Snell-Descartes :

sin(𝜃𝑡)=(𝑛1𝑛2)sin(𝜃𝑖)

4/ En déduire que l’angle de Brewster vérifie la relation

sin2(𝜃𝑖)=𝑛22𝑛12+𝑛22
Corrigé

En sommant les deux équations de la question précédente, on trouve

1=(𝑛2𝑛1)2cos2(𝜃𝑖)+(𝑛1𝑛2)2sin2(𝜃𝑖)

En utilisant cos2(𝜃𝑖)=1−sin2(𝜃𝑖), on obtient

1=(𝑛2𝑛1)2(1−sin2(𝜃𝑖))+(𝑛1𝑛2)2sin2(𝜃𝑖)sin2(𝜃𝑖)=𝑛22𝑛12+𝑛22

5/ En déduire l’expression de l’angle de Brewster en fonction des indices de réfraction 𝑛1 et 𝑛2 :

𝜃𝑖=arctan(𝑛2𝑛1)
Corrigé

On part de sin(𝜃𝑖)=𝑛2𝑛12+𝑛22. Cette relation peut s’interpréter géométriquement.

Sur la même figure, on a également la relation tan(𝜃𝑖)=𝑛2𝑛1, soit

𝜃𝑖=arctan(𝑛2𝑛1)

On envoie de la lumière non polarisée sur l’interface à un angle d’incidence égal à l’angle de Brewster.

6/ Expliquer pourquoi la lumière réfléchie est polarisée rectilignement.

Corrigé
La lumière non polarisée peut être vue comme la superposition de deux ondes électromagnétiques polarisées rectilignement, l’une dans le plan d’incidence et l’autre perpendiculaire au plan d’incidence. À l’angle de Brewster, l’onde polarisée dans le plan d’incidence est totalement transmise, tandis que l’onde polarisée perpendiculairement au plan d’incidence est partiellement réfléchie. Ainsi, la lumière réfléchie est polarisée rectilignement dans la direction perpendiculaire au plan d’incidence.
Figure 3: Sur la photo de gauche, aucun filtre n’est présent sur l’objectif de l’appareil photo. Sur la photo de droite, un filtre polarisant est présent sur l’objectif de l’appareil photo.

7/ Quelle est la direction du filtre polarisant sur la photo de droite ? Justifier votre réponse.

Corrigé

Le plan d’incidence est horizontal.

La composante de la lumière polarisée dans le plan d’incidence n’est pas réfléchie. La lumière réfléchie est donc polarisée perpendiculairement au plan d’incidence, c’est-à-dire verticalement.

Le filtre polarisant coupe cette lumière réfléchie, il est donc orienté horizontalement.