Modes propres dans une cavité sphérique ★★★

Un gaz de masse volumique 𝜌0 est enfermé dans une sphère rigide de rayon 𝑅. Une onde sonore sphérique s’y propage, décrite par la surpression 𝑃1(𝑟,𝑡) et la vitesse 𝑣(𝑟,𝑡)𝑒⃗𝑟. On se place dans le cas

𝑃1(𝑟,𝑡)=𝐴𝑟𝑒𝑗(𝜔1𝑡−𝑘1𝑟)+𝐵𝑟𝑒𝑗(𝜔2𝑡+𝑘2𝑟)

1/ Que représente chacun des termes de 𝑃1(𝑟,𝑡) ?

Coup de pouce 1
Pour chaque terme : stationnaire ou progressif ? harmonique ? sphérique, cylindrique ou plan ?
Corrigé
  • Premier terme : onde sphérique progressive harmonique divergente (elle se propage vers les 𝑟 croissants), d’amplitude ∝1/𝑟 (atténuation géométrique).
  • Second terme : onde sphérique progressive harmonique convergente (elle se propage vers les 𝑟 décroissants), également atténuée en 1/𝑟.

2/ Déterminer le champ des vitesses 𝑣 associé à l’onde.

Coup de pouce 1
Les ondes ne sont pas des OPPH : on ne peut pas utiliser l’impédance acoustique.
Coup de pouce 2
Utiliser l’équation d’Euler linéarisée.
Corrigé

Équation d’Euler : 𝜌0𝜕𝑣𝜕𝑡=−𝜕𝑃1𝜕𝑟, soit 𝑗𝜌0𝜔𝑣=−𝜕𝑃1𝜕𝑟 pour une dépendance temporelle en 𝑒𝑗𝜔𝑡.

Pour le premier terme (𝜔1, 𝑘1) : 𝜕𝜕𝑟(𝐴𝑟𝑒−𝑗𝑘1𝑟)=−𝐴𝑟2(1+𝑗𝑘1𝑟)𝑒−𝑗𝑘1𝑟, d’où

𝑣1=𝐴𝑗𝜌0𝜔1𝑟2(1+𝑗𝑘1𝑟)𝑒𝑗(𝜔1𝑡−𝑘1𝑟)

Pour le second terme (𝜔2, 𝑘2) : 𝜕𝜕𝑟(𝐵𝑟𝑒𝑗𝑘2𝑟)=𝐵𝑟2(−1+𝑗𝑘2𝑟)𝑒𝑗𝑘2𝑟, d’où

𝑣2=𝐵𝑗𝜌0𝜔2𝑟2(1−𝑗𝑘2𝑟)𝑒𝑗(𝜔2𝑡+𝑘2𝑟)

et 𝑣=𝑣1+𝑣2.

3/ Établir le lien entre 𝜔1 et 𝜔2, puis entre 𝐴 et 𝐵. En déduire 𝑣.

Coup de pouce 1
Écrire la condition d’impénétrabilité en 𝑟=𝑅 pour tout 𝑡.
Corrigé

La condition d’impénétrabilité sur la paroi rigide impose 𝑣(𝑅,𝑡)=0 pour tout 𝑡. Deux termes de pulsations différentes ne peuvent se compenser à tout instant : nécessairement 𝜔1=𝜔2≡𝜔, donc 𝑘1=𝑘2≡𝑘=𝜔/𝑐.

La condition 𝑣1(𝑅)+𝑣2(𝑅)=0 s’écrit alors

𝐴(1+𝑗𝑘𝑅)𝑒−𝑗𝑘𝑅=𝐵(−1+𝑗𝑘𝑅)𝑒𝑗𝑘𝑅

soit

𝐵𝐴=1+𝑗𝑘𝑅𝑗𝑘𝑅−1𝑒−2𝑗𝑘𝑅

4/ En supposant que la surpression ne diverge pas en 𝑟=0, montrer que 𝑘 vérifie une équation transcendante, et expliquer comment déterminer graphiquement les valeurs de 𝑘 possibles.

Coup de pouce 1
Pour que 𝑃1 reste finie en 0, relier simplement 𝐴 et 𝐵.
Coup de pouce 2
Reporter dans la relation précédente et prendre l’argument.
Corrigé

Près de 𝑟=0, 𝑃1≈𝐴𝑒−𝑗𝑘𝑟+𝐵𝑒𝑗𝑘𝑟𝑟𝑒𝑗𝜔𝑡. Pour que 𝑃1 reste finie, il faut 𝐴+𝐵=0, soit 𝐵=−𝐴. La surpression devient

𝑃1(𝑟,𝑡)=−2𝑗𝐴sin(𝑘𝑟)𝑟𝑒𝑗𝜔𝑡

(bien finie en 0, puisque sin(𝑘𝑟)/𝑟→𝑘).

En reportant 𝐵=−𝐴 dans la relation du 3, ou plus directement en réinjectant 𝑃1 dans l’équation d’Euler puis la condition 𝑣(𝑅,𝑡)=0, on obtient

𝑣(𝑅,𝑡)∝𝑘𝑅cos(𝑘𝑅)−sin(𝑘𝑅)=0⇔tan(𝑘𝑅)=𝑘𝑅

Graphiquement, on trace 𝑦=tan(𝑘𝑅) et 𝑦=𝑘𝑅 en fonction de 𝑘𝑅 : les abscisses des intersections donnent les valeurs 𝑘𝑛 autorisées, donc les pulsations propres 𝜔𝑛=𝑐𝑘𝑛. (En regroupant les exponentielles et en prenant l’argument, cette condition s’écrit aussi 2𝑘𝑅≡arctan(2𝑘𝑅1−𝑘2𝑅2)[2𝜋].)