Modèle d’une clarinette ★

Une clarinette est modélisée par un tuyau de section 𝑆 et de longueur 𝑙 contenant un fluide où la célérité du son est 𝑐. L’extrémité 𝑥=0 est fermée (paroi rigide) ; l’extrémité 𝑥=𝑙 est ouverte sur l’atmosphère, qui y impose la pression 𝑃0. Au repos, la pression vaut 𝑃0 et la masse volumique 𝜌0 ; la pesanteur est négligée et on se place dans l’approximation acoustique.

Le musicien injecte une onde sonore plane : il s’établit une onde stationnaire de surpression 𝑃1(𝑥,𝑡)=𝐴0cos(𝜔𝑡)cos(𝑘𝑥).

1/ Pourquoi modéliser l’onde sonore par une onde stationnaire ?

Coup de pouce 1
Le milieu est-il fini, semi-infini ou infini ? Quelle forme de solution y privilégie-t-on ?
Corrigé
Le tuyau est un milieu fini (deux bords, deux conditions aux limites). Dans un milieu fini, on privilégie les solutions stationnaires : superposition d’une onde incidente et d’une onde réfléchie qui satisfont les conditions aux limites.

2/ Établir le champ de vitesse dans la clarinette. A-t-on 𝑃1(𝑥,𝑡)=𝑍𝑣(𝑥,𝑡) avec 𝑍=𝜌0𝑐 ?

Coup de pouce 1
Écrire l’équation d’Euler linéarisée reliant surpression et vitesse.
Corrigé

Équation d’Euler linéarisée : 𝜌0𝜕𝑣𝜕𝑡=−𝜕𝑃1𝜕𝑥=𝐴0𝑘cos(𝜔𝑡)sin(𝑘𝑥). En intégrant (constante nulle) :

𝑣(𝑥,𝑡)=𝐴0𝑘𝜌0𝜔sin(𝜔𝑡)sin(𝑘𝑥)=𝐴0𝜌0𝑐sin(𝜔𝑡)sin(𝑘𝑥)

On compare : 𝑃1=𝐴0cos(𝜔𝑡)cos(𝑘𝑥) tandis que 𝑍𝑣=𝜌0𝑐⋅𝐴0𝜌0𝑐sin(𝜔𝑡)sin(𝑘𝑥)=𝐴0sin(𝜔𝑡)sin(𝑘𝑥). Les deux ne sont pas égaux (déphasage de 𝜋/2 en temps et en espace) : la relation 𝑃1=𝑍𝑣 n’est valable que pour une onde progressive, pas pour une onde stationnaire.

3/ Quelles sont les deux conditions aux limites ?

Coup de pouce 1
Attention : 𝑃1 désigne la surpression, pas la pression.
Coup de pouce 2
Condition d’impénétrabilité en 𝑥=0, continuité de la pression en 𝑥=𝑙.
Corrigé
  • En 𝑥=0 (paroi rigide) : condition d’impénétrabilité, 𝑣(0,𝑡)=0 pour tout 𝑡. Avec l’expression trouvée, 𝑣(0,𝑡)=0 est automatiquement vérifié : c’est un nœud de vitesse (et un ventre de surpression).
  • En 𝑥=𝑙 (ouverture) : la pression y est égale à la pression atmosphérique, donc la surpression est nulle, 𝑃1(𝑙,𝑡)=0 pour tout 𝑡.

4/ Établir les pulsations qui peuvent être jouées.

Coup de pouce 1
Quelles valeurs de 𝑘 satisfont 𝑃1(𝑙,𝑡)=0 ?
Coup de pouce 2
Relier 𝑘 à 𝜔 par la relation de dispersion.
Corrigé

𝑃1(𝑙,𝑡)=𝐴0cos(𝜔𝑡)cos(𝑘𝑙)=0 pour tout 𝑡 impose cos(𝑘𝑙)=0, soit 𝑘𝑙=𝜋2+𝑛𝜋, 𝑛∈ℕ. La relation de dispersion 𝜔=𝑐𝑘 donne alors

𝜔𝑛=(2𝑛+1)𝜋𝑐2𝑙,𝑛∈ℕ

La clarinette ne produit que les harmoniques impairs de sa fondamentale.

5/ La fondamentale d’une flûte de longueur 𝑙 est 𝜔𝑓=𝜋𝑐/𝑙. Comparer la hauteur du son d’une flûte et d’une clarinette de même longueur.

Coup de pouce 1
La fondamentale correspond à 𝑛=0.
Corrigé
Pour la clarinette, la fondamentale (𝑛=0) est 𝜔𝑐=𝜋𝑐/(2𝑙)=𝜔𝑓/2. À longueur égale, la clarinette (fermée–ouverte) sonne une octave plus bas que la flûte (ouverte–ouverte).