Corde vibrante conductrice ★★

On étudie les petits mouvements transverses d’une corde métallique de longueur 𝐿, de masse linéique 𝜇 et de tension 𝑇, fixée en 𝑥=0 et 𝑥=𝐿. Un point de la corde d’abscisse au repos 𝑥 se déplace de 𝑧(𝑥,𝑡)𝑒⃗𝑧 au passage de l’onde ; la pesanteur est négligée. La corde est parcourue par un courant 𝑖(𝑡)=𝑖0cos(𝜔𝑡) et plongée dans un champ magnétique 𝐵⃗(𝑥)=𝐵0sin(𝜋𝑥𝐿)𝑒⃗𝑦. On rappelle la force de Laplace sur un élément d𝑙⃗ : d𝑓⃗=𝑖d𝑙⃗∧𝐵⃗.

1/ Établir l’équation du mouvement sous la forme

𝜕2𝑧𝜕𝑡2−𝑐2𝜕2𝑧𝜕𝑥2=𝑖0𝐵0𝜇cos(𝜔𝑡)sin(𝜋𝑥𝐿)

où 𝑐 est une constante à exprimer.

Coup de pouce 1
Reprendre la démonstration de l’équation de d’Alembert de la corde, avec en plus la force de Laplace.
Corrigé

On isole l’élément de corde compris entre 𝑥 et 𝑥+d𝑥, de masse 𝜇d𝑥. Il subit :

  • la résultante transverse des tensions, 𝑇𝜕2𝑧𝜕𝑥2d𝑥𝑒⃗𝑧 (petits angles) ;
  • la force de Laplace : d𝑙⃗≈d𝑥𝑒⃗𝑥, donc

    d𝑓⃗=𝑖(𝑡)d𝑥𝑒⃗𝑥∧𝐵0sin(𝜋𝑥𝐿)𝑒⃗𝑦=𝑖0cos(𝜔𝑡)𝐵0sin(𝜋𝑥𝐿)d𝑥𝑒⃗𝑧

La relation fondamentale de la dynamique projetée sur 𝑒⃗𝑧 donne

𝜇d𝑥𝜕2𝑧𝜕𝑡2=𝑇𝜕2𝑧𝜕𝑥2d𝑥+𝑖0𝐵0cos(𝜔𝑡)sin(𝜋𝑥𝐿)d𝑥

soit, en posant 𝑐=𝑇𝜇,

𝜕2𝑧𝜕𝑡2−𝑐2𝜕2𝑧𝜕𝑥2=𝑖0𝐵0𝜇cos(𝜔𝑡)sin(𝜋𝑥𝐿)

2/ En régime sinusoïdal forcé, on cherche 𝑧(𝑥,𝑡)=𝑧0sin(𝜋𝑥𝐿)cos(𝜔𝑡). Commenter ce choix.

Coup de pouce 1
Cette onde est-elle stationnaire ou progressive ?
Coup de pouce 2
Le milieu est-il fini, semi-infini ou infini ?
Corrigé
C’est une onde stationnaire (produit d’une fonction de 𝑥 et d’une fonction de 𝑡). Le milieu est fini : on y privilégie les solutions stationnaires. Le profil spatial sin(𝜋𝑥/𝐿) s’annule en 𝑥=0 et 𝑥=𝐿 : il respecte les deux conditions aux limites strictes (corde fixée). Enfin, le second membre a exactement la même dépendance spatiale et temporelle : la réponse forcée a naturellement cette forme.

3/ Déterminer 𝑧0. Que se passe-t-il quand 𝜔→𝜋𝑐/𝐿 ? La modélisation reste-t-elle valable ?

Coup de pouce 1
Injecter 𝑧 dans l’équation d’onde.
Coup de pouce 2
Les hypothèses de petits déplacements sont-elles compatibles avec une amplitude qui diverge ?
Corrigé

En injectant : 𝜕2𝑧𝜕𝑡2=−𝜔2𝑧 et 𝜕2𝑧𝜕𝑥2=−(𝜋𝐿)2𝑧, d’où

(−𝜔2+𝑐2(𝜋𝐿)2)𝑧0sin(𝜋𝑥𝐿)cos(𝜔𝑡)=𝑖0𝐵0𝜇cos(𝜔𝑡)sin(𝜋𝑥𝐿)𝑧0=𝑖0𝐵0/𝜇(𝜋𝑐/𝐿)2−𝜔2

Quand 𝜔→𝜔1=𝜋𝑐/𝐿 (première pulsation propre de la corde fixée à ses deux extrémités), 𝑧0→∞ : c’est une résonance avec le premier mode propre.

L’amplitude ne peut évidemment pas diverger réellement : l’hypothèse des petits déplacements (et la linéarité de la tension) cesse d’être valable, et surtout l’amortissement — négligé ici — limite l’amplitude au voisinage de la résonance.