Cavité électromagnétique à une dimension ★★

On considère le vide compris entre deux plans infiniment conducteurs d’équations 𝑥=0 et 𝑥=𝑎. On étudie le champ électromagnétique entre les plans.

1/ Établir l’équation de propagation de 𝐸⃗ dans le vide.

Corrigé

En combinant les équations de Maxwell dans le vide (𝜌=0, 𝑗⃗=0⃗), on obtient l’équation de d’Alembert

Δ𝐸⃗−1𝑐2𝜕2𝐸⃗𝜕𝑡2=0⃗avec𝑐=1𝜀0𝜇0

2/ On cherche 𝐸⃗=𝑓(𝑥)𝑔(𝑡)𝑒⃗𝑦. Établir 𝑓″(𝑥)=𝛼𝑓(𝑥) et 𝑔″(𝑡)=𝛼𝑐2𝑔(𝑡), où 𝛼 est une constante.

Coup de pouce 1
Remplacer 𝐸⃗ par 𝑓(𝑥)𝑔(𝑡)𝑒⃗𝑦 dans l’équation de d’Alembert et séparer les variables.
Corrigé

Le champ ne dépend que de 𝑥 : Δ𝐸⃗=𝑓″(𝑥)𝑔(𝑡)𝑒⃗𝑦. L’équation de d’Alembert donne

𝑓″(𝑥)𝑔(𝑡)−1𝑐2𝑓(𝑥)𝑔″(𝑡)=0⇒𝑓″(𝑥)𝑓(𝑥)=1𝑐2𝑔″(𝑡)𝑔(𝑡)

Le membre de gauche ne dépend que de 𝑥, celui de droite que de 𝑡 : ils sont égaux à une constante 𝛼. D’où 𝑓″=𝛼𝑓 et 𝑔″=𝛼𝑐2𝑔.

3/ Quelles sont les conditions aux limites ?

Coup de pouce 1
Dans un conducteur parfait, 𝐸⃗=0⃗ ; la composante tangentielle de 𝐸⃗ est continue.
Corrigé

𝐸⃗ est porté par 𝑒⃗𝑦, tangent aux plans conducteurs. Dans un conducteur parfait le champ est nul, et la composante tangentielle de 𝐸⃗ est continue : donc 𝐸⃗(0,𝑡)=𝐸⃗(𝑎,𝑡)=0⃗, soit

𝑓(0)=𝑓(𝑎)=0

4/ Déterminer 𝑓(𝑥) et l’écrire comme une fonction de 𝑘𝑥, où 𝑘 dépend d’un entier 𝑛.

Coup de pouce 1
L’équation sur 𝑓 a trois familles de solutions selon le signe de 𝛼 : une seule admet des solutions non nulles compatibles avec les CL.
Corrigé
  • Si 𝛼>0 : 𝑓=𝐴𝑒𝛼𝑥+𝐵𝑒−𝛼𝑥 ; les CL imposent 𝐴=𝐵=0.
  • Si 𝛼=0 : 𝑓 affine ; les CL imposent 𝑓=0.
  • Si 𝛼<0 : on pose 𝛼=−𝑘2, 𝑓=𝐴cos(𝑘𝑥)+𝐵sin(𝑘𝑥). 𝑓(0)=0⇒𝐴=0 ; 𝑓(𝑎)=0⇒𝐵sin(𝑘𝑎)=0, donc 𝑘𝑎=𝑛𝜋 avec 𝑛∈ℕ∗.

D’où

𝑓(𝑥)=𝐸0sin(𝑘𝑥)avec𝑘=𝑛𝜋𝑎

5/ En déduire 𝐸⃗ en fonction de 𝑘, d’une constante 𝐸0 et d’une phase 𝜙.

Coup de pouce 1
Quelles sont les solutions de l’équation sur 𝑔 ?
Corrigé

Avec 𝛼=−𝑘2 : 𝑔″=−𝑘2𝑐2𝑔=−𝜔2𝑔 où 𝜔=𝑘𝑐. Donc 𝑔(𝑡)=cos(𝜔𝑡+𝜙) (à une constante près, absorbée dans 𝐸0) et

𝐸⃗=𝐸0sin(𝑘𝑥)cos(𝜔𝑡+𝜙)𝑒⃗𝑦,𝑘=𝑛𝜋𝑎,𝜔=𝑘𝑐

6/ Quel est l’analogue mécanique de ce problème ?

Corrigé
Une corde vibrante fixée à ses deux extrémités (en 𝑥=0 et 𝑥=𝑎) : mêmes conditions aux limites strictes, mêmes modes propres 𝜔𝑛=𝑛𝜋𝑐𝑎, mêmes profils sin(𝑛𝜋𝑥/𝑎).

7/ Établir 𝐵⃗. Que dire des points où 𝐵⃗ est constamment nul par rapport à ceux où 𝐸⃗ l’est ?

Coup de pouce 1
La relation de structure (démontrée pour une OPPH) ne s’applique pas ici.
Coup de pouce 2
Utiliser l’équation de Maxwell-Faraday.
Corrigé

Maxwell-Faraday : 𝜕𝐵⃗𝜕𝑡=−rot⃗𝐸⃗. Avec 𝐸⃗=𝐸𝑦(𝑥,𝑡)𝑒⃗𝑦 et 𝐸𝑦 ne dépendant que de 𝑥 :

rot⃗𝐸⃗=𝜕𝐸𝑦𝜕𝑥𝑒⃗𝑧=𝐸0𝑘cos(𝑘𝑥)cos(𝜔𝑡+𝜙)𝑒⃗𝑧

d’où, en intégrant en temps,

𝐵⃗=−𝐸0𝑐cos(𝑘𝑥)sin(𝜔𝑡+𝜙)𝑒⃗𝑧

𝐸⃗∝sin(𝑘𝑥) : nœuds en 𝑘𝑥=𝑚𝜋. 𝐵⃗∝cos(𝑘𝑥) : nœuds en 𝑘𝑥=𝜋2+𝑚𝜋. Les nœuds de 𝐵⃗ coïncident avec les ventres de 𝐸⃗ et réciproquement : les deux ondes stationnaires sont décalées d’un quart de longueur d’onde dans l’espace (et de 𝜋/2 dans le temps).