Oscillateur à décharge de condensateur ★

On étudie le circuit suivant, où 𝑅1=100 kΩ, 𝑅2=10 kΩ, 𝑅3=10 kΩ et 𝐶=10 nF. L’ALI est supposé idéal.

1/ Identifier le filtre passif inclus dans ce montage. Quelle est sa fonction de transfert ? Quelle est l’équation différentielle associée ?

Coup de pouce 1
Le montage est constitué d’un comparateur à hystérésis et d’un filtre qu’il s’agit d’identifier.
Coup de pouce 2
Le filtre RC-série est-il un filtre passe-haut ou passe-bas ? Quelle est la forme canonique d’une fonction de transfert de ce type ?
Corrigé

Le montage est constitué de deux parties : un comparateur à hystérésis, réalisé avec l’ALI et 𝑅1, 𝑅2, et un filtre passif 𝑅3𝐶, dont l’entrée est 𝑉𝑠 et la sortie 𝑉− (tension aux bornes de 𝐶).

Ce filtre RC-série avec sortie sur 𝐶 est un filtre passe-bas du premier ordre, de fonction de transfert

𝐻(𝑝)=𝑉−(𝑝)𝑉𝑠(𝑝)=11+𝑅3𝐶𝑝

L’équation différentielle associée s’obtient en passant dans le domaine temporel :

𝑅3𝐶d𝑉−d𝑡+𝑉−=𝑉𝑠(𝑡)

2/ Résoudre cette équation différentielle en supposant 𝑉𝑠 constant.

Corrigé

L’équation différentielle 𝑅3𝐶d𝑉−d𝑡+𝑉−=𝑉𝑠 admet pour solution générale la somme d’une solution particulière constante, 𝑉−=𝑉𝑠, et de la solution de l’équation homogène, en 𝑒−𝑡𝑅3𝐶. On a donc

𝑉−(𝑡)=𝑉𝑠+(𝑉−(0)−𝑉𝑠)exp(−𝑡𝑅3𝐶)

Il s’agit d’une évolution exponentielle vers l’asymptote 𝑉𝑠, de constante de temps 𝜏=𝑅3𝐶.

3/ Quel montage de l’ALI reconnait-on dans ce montage ? Donner sa caractéristique (𝑉𝑠,𝑉−).

Coup de pouce 1
En cas d’hésitation entre comparateur à hystérésis positif et négatif, regarder où se fait l’entrée.
Corrigé

L’entrée 𝑉− est appliquée sur l’entrée inverseuse de l’ALI, tandis que l’entrée non-inverseuse est reliée au pont diviseur 𝑅1, 𝑅2 formant une rétroaction positive à partir de 𝑉𝑠. On reconnait donc un comparateur à hystérésis inverseur ou comparateur à hystérésis négatif.

Le courant d’entrée de l’ALI étant nul, un pont diviseur de tension donne, quel que soit l’état de 𝑉𝑠,

𝑉+=𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉𝑠

L’ALI étant instable, sa sortie ne peut valoir que ±𝑉sat, et le signe de 𝑉𝑠 est celui de 𝜀=𝑉+−𝑉− :

  • si 𝑉𝑠=+𝑉sat, alors 𝑉+=+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat : cet état reste valable tant que 𝑉−<𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat ;
  • si 𝑉𝑠=−𝑉sat, alors 𝑉+=−𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat : cet état reste valable tant que 𝑉−>−𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat.

La caractéristique (𝑉−,𝑉𝑠) présente donc un cycle d’hystérésis : 𝑉𝑠 bascule de +𝑉sat à −𝑉sat quand 𝑉− dépasse 𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat par valeurs croissantes, et de −𝑉sat à +𝑉sat quand 𝑉− dépasse −𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat par valeurs décroissantes.

4/ En supposant qu’à 𝑡=0, 𝑉𝑠=+𝑉sat et 𝑉−(0)=−𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat (juste après un basculement), tracer 𝑉−(𝑡) et 𝑉𝑠(𝑡).

Coup de pouce 1
Tracer 𝑉−(𝑡) en supposant que 𝑉𝑠(𝑡)=+𝑉sat. Jusqu’à quand ce tracé reste-t-il valable ?
Coup de pouce 2
À quelle condition 𝑉𝑠 passe-t-il de +𝑉sat à −𝑉sat ?
Corrigé

Tant que 𝑉𝑠=+𝑉sat, 𝑉− évolue, d’après la question 2, vers l’asymptote 𝑉sat selon

𝑉−(𝑡)=𝑉sat−(𝑉sat+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat)exp(−𝑡𝑅3𝐶)

Cette évolution reste valable jusqu’à ce que 𝑉− atteigne le seuil haut 𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat, instant auquel 𝑉𝑠 bascule à −𝑉sat (cf. question 3). 𝑉− évolue alors, par symétrie, vers l’asymptote −𝑉sat, jusqu’à retomber au seuil bas −𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat, où 𝑉𝑠 rebascule à +𝑉sat, et le cycle recommence : 𝑉𝑠 est un signal créneau, 𝑉− un signal formé de portions d’exponentielles oscillant entre −𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat et 𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat.

Les tracés en pointillés représentent l’évolution de 𝑉− en l’absence de commutation de 𝑉𝑠 pour aider la visualisation.

5/ Que vaut la période des signaux produits ?

Coup de pouce 1
Déterminer la demi-période, c’est-à-dire le temps nécessaire pour que 𝑉− passe de −𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat à 𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat.
Coup de pouce 2
Résoudre complètement (constante comprise) l’équation différentielle vérifiée par 𝑉− sur une demi période. On pourra appeler 𝑡1 le début de cette demi-période et 𝑡2 sa fin.
Corrigé

Sur la première demi-période (au moment du premier basculement à 𝑉𝑠=−𝑉sat, avec 𝑉−(𝑇2)=𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat) :

𝑉−(𝑡)=𝑉sat−(𝑉sat+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat)exp(−𝑡−𝑡1𝑅3𝐶)

La condition 𝑉−(𝑇2)=𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat donne

𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat=𝑉sat−(𝑉sat+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat)exp(−𝑡2−𝑡1𝑅3𝐶)exp(−𝑡2−𝑡1𝑅3𝐶)=𝑉sat−𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat𝑉sat+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat𝑡2−𝑡1=𝑅3𝐶ln(𝑉sat+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat𝑉sat−𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat)

Avec 𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat=𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat, on a 𝑉sat+𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat=𝑅1+2𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat et 𝑉sat−𝑅2𝑅1+𝑅2𝑉sat=𝑅1𝑅1+𝑅2𝑉sat, d’où

𝑡2−𝑡1=𝑅3𝐶ln(1+2𝑅2𝑅1)

Par symétrie, la demi-période suivante dure autant, donc la période des signaux vaut

𝑇=2𝑅3𝐶ln(1+2𝑅2𝑅1)

Application numérique : 𝑇=3,6⋅10−5 s≈3,6⋅101 µs.