Raffinage électrolytique du cuivre ★★

Une lame de cuivre plonge dans une solution de nitrate d’argent. Les courbes intensité-potentiel des couples en présence sont fournies.

Données : 𝐸∘(Pb2+/Pb)=−0,13 V, 𝐸∘(Cu2+/Cu)=0,34 V, 𝐸∘(Ag+/Ag)=0,80 V, 𝐸∘(O2/H2O)=1,23 V.

1/ Écrire l’équation-bilan de la réaction. Déterminer sa constante d’équilibre à 298 K. Commenter.

Coup de pouce 1
Faire une échelle de potentiels : quelle réaction est la plus favorable ?
Coup de pouce 2
Relier Δ𝑟𝐺∘ à Δ𝐸∘ et à 𝐾∘. Que dire si 𝐾∘≫1 ?
Corrigé

Sur l’échelle des potentiels, Ag+ (oxydant, 0,80 V) est au-dessus de Cu (réducteur, 0,34 V) : Ag+ oxyde Cu.

2Ag++Cu→2Ag+Cu2+(𝑛=2)Δ𝑟𝐺∘=−𝑛ℱ︀(𝐸∘(Ag+/Ag)−𝐸∘(Cu2+/Cu))=−2×96500×0.46≈−89 kJ mol−1𝐾∘=exp(−Δ𝑟𝐺∘𝑅𝑇)=10𝑛Δ𝐸∘0.06=102×0.460.06≈1015

𝐾∘≫1 : la réaction est quasi-totale. La lame de cuivre se recouvre spontanément d’argent.

2/ À l’aide des courbes intensité-potentiel, prévoir si la réaction est rapide ou lente (un schéma est souhaité).

Coup de pouce 1
Quel unique potentiel donne l’égalité des courants anodique et cathodique ? Permet-il un courant significatif ?
Corrigé

Le système évolue au potentiel mixte 𝐸𝑚 tel que |𝑖anodique|=|𝑖cathodique|, c’est-à-dire à l’intersection de la branche d’oxydation Cu→Cu2+ et de la branche de réduction Ag+→Ag. Ces deux branches sont raides et sans surtension (couples rapides) : à 𝐸𝑚 (compris entre 0,34 V et 0,80 V) le courant est notable. La réaction est donc rapide.

Le raffinage électrolytique consiste à placer le cuivre impur (avec des particules de Pb et Ag) en anode dans une solution de sulfate de cuivre, et à déposer le cuivre pur sur une cathode support. 𝐸𝐴 est le potentiel de l’anode, 𝐸𝐶 celui de la cathode.

3/ Écrire la ou les réactions à l’anode, puis à la cathode.

Coup de pouce 1
𝐸𝐴 permet-il l’oxydation de Pb ? de Cu ? de Ag ?
Coup de pouce 2
Parmi les solutés produits, lesquels sont réductibles à 𝐸𝐶 ?
Corrigé

Anode (𝐸𝐴, entre 0,34 V et 0,80 V) : sont oxydés les métaux dont 𝐸∘<𝐸𝐴, soit

Cu→Cu2++2𝑒−etPb→Pb2++2𝑒−

L’argent (𝐸∘=0,80 V>𝐸𝐴) n’est pas oxydé : il tombe au fond sous forme de boues anodiques.

Cathode (𝐸𝐶, un peu en dessous de 0,34 V) : seul Cu2+ est réduit,

Cu2++2𝑒−→Cu

Pb2+ (𝐸∘=−0,13 V<𝐸𝐶) n’est pas réduit et reste en solution.

4/ Expliquer l’intérêt de cette méthode pour purifier le cuivre.

Corrigé
L’argent, non oxydé, est récupéré séparément dans les boues anodiques (sous-produit valorisable). Le plomb, oxydé à l’anode mais non redéposé à la cathode, reste en solution. Le cuivre déposé à la cathode est donc débarrassé de ses deux impuretés : on obtient du cuivre très pur (≈99,99 %).