Étamage ★★

L’étamage protège une tôle d’acier par une fine couche d’étain (fer-blanc des boites de conserve). Une expérience est menée à 25⁠ ⁠°C sur un échantillon de fer de surface 𝑆=240 cm2. L’électrolyte contient des ions Sn2+ et de l’acide 4-hydroxybenzènesulfonique ; son pH est proche de 0. L’étain intervient par le couple Sn2+/Sn(s).

1/ Le potentiel standard du couple H+/H2(g) n’est pas donné. Pourquoi ?

Coup de pouce 1
Quelle origine a-t-on choisie pour les potentiels en électrochimie ?
Corrigé
Par convention, l’électrode standard à hydrogène sert d’origine des potentiels : 𝐸∘(H+/H2)=0 V à toute température. Il est donc inutile de le préciser.

2/ Compléter le schéma : polarité du générateur, sens du courant, nature (anode / cathode) de chaque électrode.

Coup de pouce 1
Dans quel sens se déplacent les électrons ? Quelle réaction a lieu à l’électrode où ils arrivent ? D’où partent-ils ?
Coup de pouce 2
L’étamage dépose de l’étain sur le fer.
Corrigé

L’étamage dépose Sn sur le fer : la réduction Sn2++2𝑒−→Sn a lieu sur le fer, qui est donc la cathode, reliée à la borne − du générateur. L’électrode d’étain est l’anode (Sn→Sn2++2𝑒−), reliée à la borne +.

Les électrons partent de la borne −, vont vers la cathode (Fe), reviennent de l’anode (Sn) vers la borne +. Le courant conventionnel circule en sens inverse : dans l’électrolyte, il va de l’anode (Sn) vers la cathode (Fe).

3/ Un petit dégagement gazeux est observé à l’électrode de fer. Quel est-il ?

Coup de pouce 1
Quelle espèce de la solution peut produire un gaz par réduction ?
Corrigé
Le fer est la cathode : il s’y produit une réduction. La seule espèce réductible produisant un gaz est H+ (pH proche de 0) : 2H++2𝑒−→H2. Le gaz est du dihydrogène.

4/ La surtension cathodique de H+/H2 est 𝜂𝑐=−0,40 V (identique sur Fe et Sn) ; le couple Sn2+/Sn est rapide. Écrire les échanges électroniques à chaque électrode et représenter les courbes intensité-potentiel correspondantes.

Coup de pouce 1
Le fer réagit-il ?
Coup de pouce 2
La courbe de l’étain a-t-elle un palier de diffusion ? Un surpotentiel ?
Corrigé
  • Cathode (Fe) : Sn2++2𝑒−→Sn (souhaitée) et 2H++2𝑒−→H2 (parasite). Le fer ne réagit pas (il est protégé, c’est la cathode).
  • Anode (Sn) : Sn→Sn2++2𝑒−.

Courbes 𝑖–𝐸 : la branche de réduction de Sn2+ part de 𝐸∘(Sn2+/Sn)=−0,14 V (couple rapide) et présente un palier de diffusion (Sn2+ est un soluté). La branche d’oxydation de Sn part aussi de −0,14 V, sans palier (l’électrode elle-même est le réactif). Le dégagement de H2 débute vers 𝐸eq(H+/H2)+𝜂𝑐=0−0.40=−0,40 V, sans palier (H+ abondant à pH 0).

5/ Exprimer puis calculer la masse maximale 𝑚 d’étain déposée, sachant que 𝑖=1,0 A et que l’électrolyse dure 4 min.

Coup de pouce 1
Intégrer 𝑖=−𝑛ℱ︀d𝜉d𝑡.
Corrigé

Au mieux, tout le courant sert au dépôt d’étain. La charge est 𝑄=𝑖𝑡=1.0×240=240 C (l’électrolyse dure 4 min=240 s). Avec 𝑛=2 :

𝑚=𝑄𝑛ℱ︀𝑀(Sn)=2402×96500×118.7≈0,15 g

6/ La masse mesurée est 0,12 g. Calculer le rendement faradique.

Corrigé
𝜌𝐹=0.120.15≈0.80=80 %

Les 20 % manquants correspondent au courant ayant servi au dégagement de H2.