Étude d’un moteur synchrone ★

Afin de simplifier l’étude, les pertes mécaniques ainsi que les pertes fer du moteur seront négligées. Le moteur est une machine synchrone diphasée dont les deux enroulements statoriques sont identiques.

Toutes les valeurs de tension et courant données le sont en valeur efficace.

L’inducteur du moteur synchrone est à aimants permanents et possède 8 pôles, soir 4 paires de pôles. En régime permanent de vitesse, la condition de synchronisme pour un moteur possédant 𝑝 paires de pôles s’écrit 𝑤=𝑝Ω, où Ω désigne la vitesse de rotation du rotor en rad s−1.

Chaque bobinage du stator possède une résistance 𝑅=0,03 Ω. L’intensité nominale du courant dans un enroulement du stator est 𝐼𝑁=155 A. Pendant une durée limitée, elle peut atteindre la valeur maximale 𝐼𝑀=185 A. La machine est étudiée en convention récepteur. Le modèle équivalent à une phase de l’induit est représenté ci-contre. Les tensions et courants sont sinusoïdaux de pulsation 𝜔=2𝜋𝑓 constante.

Afin de déterminer les paramètres du modèle, divers essais sont effectuées :

essai n°1
sur un banc d’essai, on entraine la machine synchrone à vide par l’intermédiaire d’un moteur auxiliaire à la vitesse 𝑛=1500 tr min−1. Aux bornes d’une phase, on a mesuré une tension de 57⁠ ⁠V.
essai n°2
avec une alimentation électrique appropriée, on effectue un essai de la machine en moteur à 1500⁠ ⁠tr min−1, pour lequel l’angle de pilotage vaut Ψ=0, 𝐼=𝐼𝑀 et 𝑉=72 V.

1/ Déterminer la fréquence des tension statoriques quand 𝑛=1500 tr min−1.

Coup de pouce 1
Écrire la condition de synchrone (donnée dans l’énoncé). Attention aux unités.
Corrigé
Comme le moteur possède 4 paires de pôles, en utilisant la condition de synchronisme 𝜔=𝑝Ω, on trouve une fréquence 𝑓=(150060)×4=100 Hz.

2/ Représenter le diagramme vectoriel relatif à l’essai n°2. La résistance 𝑅 n’étant pas négligée, en déduire la valeur numérique de 𝐿.

Coup de pouce 1
Que vaut le courant dans l’essai n°1 ? Écrire la loi des mailles pour l’essai n°1 et en déduire la force contre-électromotrice.
Coup de pouce 2
Écrire la loi des mailles pour l’essai n°2 en utilisant la valeur de Φ donnée.
Coup de pouce 3
Écrire le théorème de Pythagore dans le triangle apparaissant sur le diagramme de Fresnel.
Corrigé

Dans l’essai n°1, le moteur tourne à vide, donc 𝐼=0. La loi des mailles donne alors 𝑉=𝐸, d’où 𝐸=57 V.

La vitesse angulaire est la même dans l’essai 2 que l’essai 1, la force contre-électromotrice induite est donc la même : 𝐸=57 V.

L’angle de pilotage Ψ est nul, donc le courant est en phase avec la tension 𝑉.

La loi des mailles s’écrit 𝑉=𝐸+𝑅𝐼+𝑗𝐿𝜔𝐼.

En utilisant le théorème de Pythagore, on obtient :

𝑉2=(𝐸+𝑅𝐼)2+(𝐿𝜔𝐼)2

D’où :

𝐿=𝑉2−(𝐸+𝑅𝐼)2𝜔𝐼=1,5⋅10−3 H

3/ La valeur efficace de la force contre-électromotrice 𝐸 a pour expression 𝐸=Φ0𝜔. Quelle est l’unité de la constante Φ0 dans le système SI ? Que représente-t-elle ? De quels paramètres de la machine dépend-elle ? Montrer que 𝐸=𝐴Ω, où 𝐴 est une constante dont on précisera l’expression et la valeur numérique.

Coup de pouce 1
Utiliser la condition de synchronisme.
Corrigé

Φ0 est un flux magnétique, son unité est donc le Wb (weber). Il représente le flux magnétique créé par l’inducteur à aimants permanents à travers une spire de l’induit. Il dépend de la géométrie de la machine et de l’induction magnétique créée par les aimants permanents.

En utilisant la condition de synchronisme 𝜔=𝑝Ω, on a :

𝐸=Φ0𝜔=Φ0𝑝Ω=𝐴Ω

d’où

𝐴=𝐸Ω=3,6⋅10−1 Wb

4/ Dans toute la suite, on négligera la chute de tension ohmique ainsi que les pertes par effet Joule dans les circuits statoriques. Tracer un diagramme vectoriel représentatif d’un point de fonctionnement quelconque dans le cas où 0<Ψ<𝜋2. En déduire une relation entre 𝑉, 𝐸, 𝜑 et Ψ.

Coup de pouce 1
Écrire la loi des mailles dans un circuit statorique puis la représenter sur un diagramme de Fresnel. Représenter les angles 𝜑 et Ψ sur le diagramme.
Coup de pouce 2
Relier géométriquement les projections de 𝑉 et 𝐸 sur l’axe des abscisses. En déduire une relation mathématique en utilisant la trigonométrie.
Corrigé

En négligeant la chute de tension ohmique, la loi des mailles s’écrit :

𝑉=𝐸+𝑗𝐿𝜔𝐼

En projetant sur l’axe des abscisses, on obtient la relation :

𝑉cos(𝜑)=𝐸cos(Ψ)

5/ Déterminer l’expression de la puissance électrique 𝑃𝑎 absorbée par le moteur en fonction de 𝑉, 𝐼 et 𝜑, puis en fonction de 𝐸, 𝐼 et Ψ. Quelle relation existe-t-il entre cette puissance électrique 𝑃𝑎 et la puissance mécanique électromagnétique 𝑃𝑚 reçue par le rotor ?

Coup de pouce 1
Attention, il y a deux phases à prendre en compte.
Coup de pouce 2
Rappel des hypothèses : pertes Joules négligeables.
Corrigé

La puissance électrique absorbée par le moteur s’écrit :

𝑃𝑎=2𝑉𝐼cos(𝜑)

(le facteur 2 provient du fait que la machine est diphasée).

En utilisant la relation obtenue dans la question précédente, on a aussi :

𝑃𝑎=2𝐸𝐼cos(Ψ)

En négligeant les pertes Joules, la puissance électrique absorbée par le stator est entièrement convertie en puissance mécanique électromagnétique reçue par le rotor. On a donc :

𝑃𝑎=𝑃𝑚

6/ Exprimer le couple électromécanique 𝐶 développé par le moteur en fonction de 𝐴, 𝐼 et Ψ. Pour une intensité efficace 𝐼 donnée, que doit-on faire pour maximiser le couple développé par la machine ? De quelle unique variable le couple dépend-il alors ? À quelle autre moteur ce fonctionnement fait-il penser ?

Coup de pouce 1
Exprimer la puissance mécanique en fonction du couple et de la vitesse angulaire puis la relier avec l’expression de la question précédente.
Coup de pouce 2
Pour quelle valeur de Ψ le couple est-il maximal ?
Corrigé

La puissance mécanique électromagnétique reçue par le rotor s’écrit :

𝑃𝑚=𝐶Ω

En utilisant l’expression de la puissance électrique absorbée obtenue précédemment, on a :

𝐶Ω=2𝐸𝐼cos(Ψ)

D’où :

𝐶=2𝐸𝐼cos(Ψ)Ω

En remplaçant 𝐸 par son expression en fonction de 𝐴, on obtient :

𝐶=2𝐴𝐼cos(Ψ)

Pour une intensité efficace 𝐼 donnée, le couple est maximal lorsque cos(Ψ) est maximal, c’est-à-dire lorsque Ψ=0.

Dans ce cas, le couple dépend uniquement de l’intensité efficace 𝐼.

Ce fonctionnement fait penser à celui d’un moteur à courant continu où le couple est proportionnel à l’intensité dans l’induit lorsque la force contre-électromotrice est négligée.

7/ On se place sur un point de fonctionnement à Ψ=0, 𝐼=𝐼𝑁 et 𝑛=1500 tr min−1. Que vaut le moment du couple 𝐶 développé par le moteur ? Représenter le diagramme vectoriel représentatif du fonctionnement. Placer les vecteurs représentatifs des complexes 𝐸, 𝑉 et 𝐼. En déduire les expressions numériques de 𝑉 et 𝜑. Calculer leurs valeurs numériques correspondantes.

Coup de pouce 1
Représenter le diagramme de Fresnel et utiliser la trigonométrie pour déterminer 𝜑 puis 𝑉.
Corrigé

Le couple développé par le moteur vaut :

𝐶=2𝐴𝐼𝑁cos(0)=2𝐴𝐼𝑁=1,1⋅102 N ⁠m

En utilisant le diagramme de Fresnel avec Ψ=0, on a :

𝑉cos(𝜑)=𝐸

et

𝑉sin(𝜑)=𝐿𝜔𝐼𝑁

En divisant la deuxième équation par la première, on obtient :

tan(𝜑)=𝐿𝜔𝐼𝑁𝐸

D’où :

𝜑=arctan(𝐿𝜔𝐼𝑁𝐸)=33°

En remplaçant 𝜑 dans la première équation, on trouve :

𝑉=𝐸cos(𝜑)=6,8⋅101 V