Afin de simplifier l’étude, les pertes mécaniques ainsi que les pertes fer du moteur seront négligées. Le moteur est une machine synchrone diphasée dont les deux enroulements statoriques sont identiques.
Toutes les valeurs de tension et courant données le sont en valeur efficace.
L’inducteur du moteur synchrone est à aimants permanents et possède 8 pôles, soir 4 paires de pôles. En régime permanent de vitesse, la condition de synchronisme pour un moteur possédant paires de pôles s’écrit , où désigne la vitesse de rotation du rotor en .
Chaque bobinage du stator possède une résistance . L’intensité nominale du courant dans un enroulement du stator est . Pendant une durée limitée, elle peut atteindre la valeur maximale . La machine est étudiée en convention récepteur. Le modèle équivalent à une phase de l’induit est représenté ci-contre. Les tensions et courants sont sinusoïdaux de pulsation constante.
Afin de déterminer les paramètres du modèle, divers essais sont effectuées :
1/ Déterminer la fréquence des tension statoriques quand .
2/ Représenter le diagramme vectoriel relatif à l’essai n°2. La résistance n’étant pas négligée, en déduire la valeur numérique de .
Dans l’essai n°1, le moteur tourne à vide, donc . La loi des mailles donne alors , d’où .
La vitesse angulaire est la même dans l’essai 2 que l’essai 1, la force contre-électromotrice induite est donc la même : .
L’angle de pilotage est nul, donc le courant est en phase avec la tension .
La loi des mailles s’écrit .
En utilisant le théorème de Pythagore, on obtient :
D’où :
3/ La valeur efficace de la force contre-électromotrice a pour expression . Quelle est l’unité de la constante dans le système SI ? Que représente-t-elle ? De quels paramètres de la machine dépend-elle ? Montrer que , où est une constante dont on précisera l’expression et la valeur numérique.
est un flux magnétique, son unité est donc le (weber). Il représente le flux magnétique créé par l’inducteur à aimants permanents à travers une spire de l’induit. Il dépend de la géométrie de la machine et de l’induction magnétique créée par les aimants permanents.
En utilisant la condition de synchronisme , on a :
d’où
4/ Dans toute la suite, on négligera la chute de tension ohmique ainsi que les pertes par effet Joule dans les circuits statoriques. Tracer un diagramme vectoriel représentatif d’un point de fonctionnement quelconque dans le cas où . En déduire une relation entre , , et .
En négligeant la chute de tension ohmique, la loi des mailles s’écrit :
En projetant sur l’axe des abscisses, on obtient la relation :
5/ Déterminer l’expression de la puissance électrique absorbée par le moteur en fonction de , et , puis en fonction de , et . Quelle relation existe-t-il entre cette puissance électrique et la puissance mécanique électromagnétique reçue par le rotor ?
La puissance électrique absorbée par le moteur s’écrit :
(le facteur 2 provient du fait que la machine est diphasée).
En utilisant la relation obtenue dans la question précédente, on a aussi :
En négligeant les pertes Joules, la puissance électrique absorbée par le stator est entièrement convertie en puissance mécanique électromagnétique reçue par le rotor. On a donc :
6/ Exprimer le couple électromécanique développé par le moteur en fonction de , et . Pour une intensité efficace donnée, que doit-on faire pour maximiser le couple développé par la machine ? De quelle unique variable le couple dépend-il alors ? À quelle autre moteur ce fonctionnement fait-il penser ?
La puissance mécanique électromagnétique reçue par le rotor s’écrit :
En utilisant l’expression de la puissance électrique absorbée obtenue précédemment, on a :
D’où :
En remplaçant par son expression en fonction de , on obtient :
Pour une intensité efficace donnée, le couple est maximal lorsque est maximal, c’est-à-dire lorsque .
Dans ce cas, le couple dépend uniquement de l’intensité efficace .
Ce fonctionnement fait penser à celui d’un moteur à courant continu où le couple est proportionnel à l’intensité dans l’induit lorsque la force contre-électromotrice est négligée.
7/ On se place sur un point de fonctionnement à , et . Que vaut le moment du couple développé par le moteur ? Représenter le diagramme vectoriel représentatif du fonctionnement. Placer les vecteurs représentatifs des complexes , et . En déduire les expressions numériques de et . Calculer leurs valeurs numériques correspondantes.
Le couple développé par le moteur vaut :
En utilisant le diagramme de Fresnel avec , on a :
et
En divisant la deuxième équation par la première, on obtient :
D’où :
En remplaçant dans la première équation, on trouve :